JORDANIE

Royaume Hachémite de Jordanie

Du mercredi 01 juillet 2009 au lundi 06 juillet 2009
Généralités
Régime politique :
Monarchie parlementaire
Langue :
Arabe
Population :
6 millions d’habitants en 2007
Capitale :
Amman
Religion :
L’islam
Rappels historiques :
Véritable carrefour des routes vers l’Afrique, l’Occident et l’Orient, la Jordanie a de tout temps su s’attirer des convoitises.
Les limites géographiques, au Nord la Syrie, à l’Ouest Israël et le Liban, à l’Est Irak, Koweït et Arabie Saoudite, sont nées de la fin de la première guerre mondiale avec la révolte des arabes (Lawrence d’Arabie) contre les turcs. Sous mandat britannique, le pouvoir est confié à Abdallah, l’arrière grand-père du roi Abdallah 2 actuel souverain. De nos jours, coincée, économiquement, géographiquement, diplomatiquement et militairement, la Jordanie se doit de composer avec ses voisins, au gré de la fluctuation des tensions locales et régionales, en attestent les échanges économiques croissant avec Israël malgré une population majoritairement du côté des palestiniens.
Le régime politique de monarchie parlementaire, accepte des partis d’opposition mais sous un « certain contrôle », tandis que les organisations défendant les droits de l’homme dénoncent régulièrement leur non respect en particulier les discriminations dont doivent faire face les femmes au quotidien.
La monnaie :
Le Dinar Jordanien (JD), 1 €=0.91 JD, litre de GO=0.350 JD
Distributeurs dans les grandes villes et présence de la banque HSBC à Amman
Salaire moyen :
200 JD (fonctionnaire)
Climat :
La majorité du pays situé au dessus de 800 m d’altitude permet de mieux supporter des étés d’autant plus chauds que l’on se trouve à l’Est (Dead Sea) et à l’Ouest (désert du Wadi Rum) ou au Sud (Aqaba)
Hébergement :
3 bivouacs (dont 1 chez une famille), 1 hôtel
Restauration :
Commerce de détail (fruits, légumes) et restauration rapide (poulet grillé et chawarma) peu onéreux.
Formalités d’entrée :
Passeport
Visa à la frontière (10JD/pers) seulement 15 jours dans le pays possible
20 JD d’assurance pour une semaine pour le véhicule
20 JD pour la carte grise du véhicule
Formalités de sortie :
5 JD/pers + 5JD pour le véhicule
Circulation :
Klaxon obligatoire
Relève de l’exploit dans les villes principales, densité, rapidité, pas de code de la route et panneaux indicateurs aléatoires
Réseau en bon état, 820 Km parcourus, pistes et hors pistes dans le Wadi Rum
A priori pas de cartes routières commercialisées, nous nous sommes débrouillés avec le routard, parfois notre GPS et en demandant notre chemin.
Internet :
Peu de wifi « accessible », des connexions parfois dans les hôtels mais des cybers café dans toutes les villes
Sites et visites :
Horaires variables, entrée en moyenne autour de 5JD
Notre parcours :
Passage de la frontière avec la Syrie en 2h00, pas de fouille du véhicule, juste de la curiosité.
Arrivés vers 16h00 au poste frontière, peu de camions, essentiellement des particuliers.
A l’image de la Syrie, les touristes sont « bancables »…cela commence par les visas jordaniens, 10JD/pers, puis passage à l’assurance voiture, 20 JD pour la semaine, enfin la Carte Grise locale du véhicule, 20 JD (pas de CPD), le tout en JD avec un seul guichet de change (sans reçu malgré mon insistance, taux et commissions non affichés).
Petit imbroglio avec le douanier de service (petit coucou à nos gabelous français que l’on embrasse…), je refuse de payer leur « Carte Grise », lui montrant le CPD. Enervé il le saisi avec mon passeport, tamponne le CPD avec un cachet quelconque au niveau du volet de sortie. Nous finirons dans le bureau du patron des « customs », je me résigne à payer pour pouvoir récupérer mon passeport (toujours dans les mains du douanier) ainsi que l’autorisation de circulation, le douanier en sera quitte pour une belle remontée de bretelles sous mes yeux…
Sortis tard des douanes, et sur les recommandations de l’assureur, nous prenons la direction de Umm Qais, à 3 km du « pays sans nom », où il y a des vestiges et un point du vu sur le Jourdain. La proximité de la frontière Israélienne fait se multiplié les Check Point : passeports, papier du véhicule, questions, etc…ambiance un peu lourde et peu rassurante.
Nous ne trouverons pas de bivouacs autour du village, beaucoup de chemins interdits et en terrain militaires, mais et comme c’est souvent le cas dans ce genre de situation, une famille nous propose de garer le Toy sur leur terrasse.

Nous avons un accueil très agréable, thé au rendez-vous bien sûr, le soir nous partagerons une pastèque que nous avions acheté et des melons de leur production (si, si mes chers parents j’en ai mangé et en mange encore !!!).
Une nuit douce et agréable dans la tente de toit, nous nous endormons après avoir regardé un feu d’artifices tiré du village pour un mariage, et entendu un appel à la prière agrémenter d’un chant des plus mémorables. Je dois accompagner la famille le lendemain matin à 5h00 pour la cueillette des bamyas (Gombos), mais ne voyant personne de levé, je me rendors au chant du muezzin, j’aurai la raison au matin : il fait déjà trop chaud au petit matin pour travailler …
Avant de nous sauver, la famille insiste pour partager avec nous leur breakfast, des journaux en guise de nappe sur la moquette du salon, une dizaine d’assiettes et tout fait maison : purée de pois chiche, œufs au plat, œufs brouillés, aubergines frites arrosées de jus de citron (un délice), des poivrons grillés, fromage sec, fromage banc, des tomates, des concombres (j’en mange aussi !!) des zitounes (olives), des galettes pour piocher avec dans tous ces délicieux plats, et du lait frais et le chaï (thé).
Après des adieux sincères, nous prenons la route de Amman, grosse galère pour trouver le distributeur HSBC, il est difficile de s’orienter sans plan, celui du routard beaucoup trop succinct, peu de rues indiquées, et la configuration de la ville (comme Saint Etienne : aux sept collines) rendant plus ardues la tâche au milieu d’une circulation anarchique et effrénée. Une heure trente plus tard nous repartons avec quelques dinars en poche (il ne nous restait du change de la frontière que 9 JD), à la recherche du King Hussein Park. Encore une heure de recherche puis au filing et au cap nous nous orientons sur la grande mosquée surplombant le parc et la ville.

A 15h30 nous entrons au Children Museum, situé dans l’enceinte du K.H.Park (comme The Royal Automobile Muséum);

Un musée entièrement dédié aux enfants, cité des sciences ludique et pédagogique. Enzo et Rubén ravis de sortir des vieilles pierres auront adoré ce lieu malgré des explications en arabe et en anglais seulement mais à la douceur de la clim et des jeux d’eau en extérieur….dommage que les parents soient obligés de s’acquitter du droit d’entrée (4JD/pers)…
Toujours fâché avec les « city center » et autres « down town », nous partons nous réfugier à 30 km au sud d’Amman, à Madaba, non sans avoir patientés 30 minutes dans un embouteillage dû au foot local (en affluence) : les courses hippiques.
Petite ville au centre historique dominé par une église, Madaba est accueillante et à taille humaine. L’appel du luxe et du confort nous font descendre au Madaba Inn Hôtel (50 JD tout de même) pour un accès internet promis dans les chambres en wifi mais qui me feront rester jusqu’à 2h00 du matin dans le hall de l’hôtel, lequel nous squatterons le lendemain jusqu’en fin de matinée, finissant de mettre à jour le site et échangeant avec ceux restés en France, Karo apprenant le décès de M. Jackson…
Le 03 juillet, après quelques courses dans la ville (bières entre autres…), nous partons pour la mer morte (Dead Sea), descente à -400 m d’altitude sous une chaleur écrasante +++, dans un paysage minéral époustouflant et multicolore.
Visite du musée bâti dans la villa de rêve de Karo (patio à l’intérieur),

nous constatons la rapide disparition de la Dead Sea (2050), pour partie due au captage par les israéliens des eaux du Jourdain et au Sud par l’industrialisation minière des rives par les Jordaniens, ceci conjugué à une irrigation de culture irraisonnée (bananes, etc.…) et un emploi de l’eau peu scrupuleux (arrosage aux heures chaudes, fuites, etc…). Pas de baignade, sous plus de 45°C nous ne voulons pas subir le même sort que les poissons s’aventurant dans les eaux ultra salées de la mer morte et qui ne résistent pas plus d’une minute...Après une longue pause à l’abri d’un chétif arbuste, nous partons à la recherche d’un bivouac dans la relative fraîcheur des montagnes…nous camperons à proximité de Affra, mais pas au pied de ses sources d’eaux chaudes (Hot Springs) : 30 JD/nuit !...déchets inclus…
Le lendemain Petra nous accueillera dans ses gorges, temples et tombeaux, une visite inoubliable, un peu comme l’hypocrisie concernant la conservation du site. En effet même si dans les gorges menant au Kazneh, l’Image internationale de Petra, des ramasseurs de crottin opèrent pour éviter odeurs et glissades disconvenues aux marcheurs, le site est souillé par les détritus, arpenté par les taxis que sont ânes, chevaux, chameaux, carrioles, Karo aura comme image mémorable l’état du sol et les odeurs devant le Kazneh, plus celle de Jack Sparow et son Che…

Ne voulant dépenser 23€ pour un pseudo campement bédouin vers Little Petra, nous repartons vers la montagne, de 800m d’altitude à Petra, la King Road surfe sur les crêtes à 1500 m en moyenne. Nous battrons en 24h nos records d’altitude : passant de – 402m des rives de la Dead Sea à presque 1700 m (1692). Emerveillés par les paysages au soleil couchant nous avalons les kilomètres, pour nous retrouver sur la Desert Road, ruban d’asphalte où les camions sont rois, et nous débouchons quelques km plus loin sur le Wadi Rum.

Malgré un vent très fort, soufflant dans le Wadi (vallée), nous partons au cap dans la zone libre (nous n’avons pas les autorisations payantes pour la zone réglementée) trouver un bivouac un peu à couvert au pied d’une superbe montagne assiégée par les dunes de sable. Des souvenirs d’Akakus nous revenant devant la majesté des lieux, nous dégusterons un bon plat de grainerie (millet, riz complet, sésame, quinoa) aux grains de sable arrosée d’une Petra (bière jordanienne) bien méritée.
Le lendemain dimanche 05 juillet, nous aurons bien du mal à quitter les lieux, les enfants s’amusant tantôt à construire un fort romain, tantôt à rassembler ossements de chameaux et de moutons, nous prenant notre temps (peut-être pour la première fois depuis notre départ), Karo allant même jusqu’à tester l’épilation en plein Wadi…seules les femmes comprendront…
Délaissant les montagnes nous arrivons sur la côte de la mer rouge, à Aqaba, seul port et seule station balnéaire de la Jordanie, en plein boum immobilier à l’image de sa rivale et proche voisine israélienne Elat. A la sortie sud de la ville, à quelques km de l’Arabie Saoudite, nous nous arrêtons dans l’un des trois camps de l’Aqaba Marine Park. Malheureusement les plages, publiques, sont jonchées de détritus, les douches et sanitaires dans des états pitoyables. Ce sera l’occasion de nos premières baignades dans la mer rouge, et de notre première dégustation de chawarma : excellentes. A l’opposé de la nuit qui s’en suivit, une des plus exécrables depuis notre départ : garés sur le parking de la plage, la chaleur est suffocante dans le Toy, et à l’extérieur, les Jordaniens profitent de la fraicheur nocturne pour faire la fiesta à grand renfort de musique balai de voitures et nuit sur la plage. Au petit matin alors que tout le monde dort, spectacle de désolation : canettes, reste de feu de camps, plastiques, mégots, etc…sont disséminés sur le site.
Heureusement nous échapperons au droit d’entrée et de nuitée sur le Park !
Lundi 06 juillet, nous savons que la journée risque de s’annoncer difficile et longue, trois frontières à passer : Jordanie, Israël, Egypte…
La sortie de la Jordanie nous coutera déjà une demi-heure et 25 JD (5JD/pers = 5JD/véhicule), passage dans trois bureaux successifs puis attente à la barrière pour revenir en arrière, le cachet de sortie trop effacé au goût du douanier de faction…puis la barrière se lève, Israël se trouve à 500 m..mais cela est une autre histoire ….
Au final :
La Jordanie nous aura plus dépaysée que les pays précédents, en particulier avec des paysages grandioses de montagnes et de déserts.
L’accueil nous aura également marqué, même si lors de nos achats, Karo paye et l’on rend la monnaie à l’homme…
Toujours des problèmes d’élimination, d’éducation, et de prise en compte des déchets, peut-être un peu moins qu’en Syrie avec une capitale qui semble plus « clean », ceci motivant toujours nos B.A. de ramassage à certains endroits de quelques détritus…même si nous savons notre action inutile localement mais instructive pour nos enfants.
Et toujours du vent, du vent et du vent …
Un coup de cœur pour Petra (Karo,Rub’n’Zo), les aubergines au citron pour Lolo…et pour les Hummer (signes extérieurs de richesse).Quelques difficultés (il faut demander) pour remplir nos réservoirs d’eau (malgré notre filtre elle garde parfois un arrière goût de sel ou de chlorure de magnésium pour les connaisseurs).